L'ours "Les Saumons n°1" adopté par la ville d'Andenne

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Après plus d'un an d'attente en raison de la pandémie de COVID, Andenne a pu fêter l'arrivée de son nouvel habitant. La Ville des Ours compte en effet un nouveau pensionnaire monumental dans ses rues. L’œuvre les « Saumons n°1 », a été inaugurée le 15 octobre dans cette ville située près de Bruxelles.


Avec ses mensurations impressionnantes, un mètre cinquante de haut, deux mètres de long pour un poids total de 500 kilos, ce bronze a été installé sur la Promenade des Ours, dans le nouvel écoquartier du centre-ville, devant le Phare. Ce lieu à l’architecture remarquable, qui réunit la Bibliothèque, l’Office du Tourisme et l’Espace Muséal d’Andenne expose également une reproduction miniature en bronze des Saumons n°1 ainsi qu’un « Boucle d’Or », également acquis par la commune.




« Nous nous sommes dit que pour cette Promenade des Ours, il fallait une œuvre significative. Nous avions découvert que sur le marché de l’Art, et plus particulièrement de l’Art animalier, Monsieur BASSOMPIERRE avait une réputation tout à fait extraordinaire, reconnue à l’international » explique Monsieur le Bourgmestre Claude EERDEKENS.



Avec Monsieur le Bourgmestre, Claude EERDEKENS
En compagnie de membres du collège échevinal et de quelques employés communaux.


Une délégation andennaise en visite à l’atelier en 2019


Une visite d’une délégation est programmée en août 2019, composée de plusieurs membres du collège échevinal et des responsables de la communication et des services techniques. « On avait découvert l’homme avant de découvrir l’œuvre et on a été vraiment enchanté de visiter ce petit paradis où l’artiste a tout le loisir de créer. Il est l’un des plus grands, si ce n’est le plus grand des sculpteurs animaliers au monde donc c’est pour nous impressionnant d’avoir pu pénétrer dans son atelier, dans sa retraite culturelle et de création d’œuvre d’art » a confié Monsieur le Bourgmestre lors de l’inauguration.


« Au-delà de l’artiste, au-delà de l’homme chaleureux, il y a l’humanisme qui transparait dans ses œuvres, avec le respect évidemment de la nature, d’animaux qu’il sculpte dans divers matériaux. C’est assez extraordinaire avec ses mains de pouvoir transposer tout ce qu’on a pu imaginer cérébralement. On passe de la conception à la réalisation, et c’est la même personne qui réalise cette prouesse technique » s’émerveille-t-il.


Accompagné de son premier Échevin, des responsables de la communication et des services techniques d'Andenne, Monsieur le Bourgmestre a visité l'atelier en 2019



L’ours, emblème de la ville



Les liens entre Andenne et le plantigrade sont très anciens. Dans une des grottes de la région ont été découverts des crânes d’ours vieux de plus de 100 000 ans. Mais la légende remonte au VIIIè siècle, à l’époque de Charles Martel, dont la grand-mère Sainte Begge a fondé la ville. Alors âgé de 8 ans, le jeune garçon aurait combattu et vaincu un ours monstrueux qui semait la terreur dans un quartier.


L’ours est également la mascotte de la ville, qui le célèbre chaque année lors de son Carnaval où des centaines de participants sont déguisés en plantigrades et où des oursons porte-bonheur sont lancés depuis le balcon de l’Hôtel de Ville.




La première œuvre monumentale d’une collection



Sous le charme de l’univers de Michel BASSOMPIERRE, le conseil communal d’Andenne a commandé un nouvel ours monumental en bronze. « Pour la petite histoire, ceci est une première étape, parce que la promenade s’appelle la Promenade des Ours, or actuellement il n’y en a qu’un, qui doit se sentir bien seul. Alors notre Conseil communal à l’unanimité a décidé en décembre 2020 d’acquérir une seconde œuvre » explique le Bourgmestre. Le Miel n°3 devrait ainsi trouver à son tour sa place sur la Promenade des Ours en 2022.


« On joue dans la cour des grands avec Rudy RICIOTTU [l’architecte du Phare] et Michel BASSOMPIERRE, et je crois qu’on a peut-être pris goût à côtoyer des grands artistes. Cela est indispensable si l’on veut avoir pour notre ville, collectivement, une ambition » conclut Claude EERDEKENS.



La Promenade des Ours, nouvel écoquartier emblématique de la modernisation de la ville.



Retour sur le processus de création des Saumons n°1



Plusieurs moments clés sont nécessaires pour qu’une sculpture en argile de quelques centimètres devienne un bronze de 2 mètres.

Michel BASSOMPIERRE ne crée jamais à partir de photographies au risque de rendre « la sculpture molle », il emmagasine dans sa tête de longues heures d’observations sur le terrain ou en vidéos pour cerner l’attitude d’un ours brun à l’affut d’un saumon. Un moment primordial pour croquer l’animal tout en transparence pour ne pas faire d’impaire au niveau musculature et articulation, qui va contribuer à rendre la sculpture vivante.



Le croquis terminé, Michel BASSOMPIERRE vient modeler l’argile chamottée, sans s’attarder sur le rendu lisse de la sculpture qui sera chose plus aisée sur le tirage en plâtre, que l’on obtiendra après avoir moulé l’esquisse en terre. La sculpture de plâtre de quelques dizaines de centimètres de haut, va servir de modèle à la sculpture monumentale.


Plus de détails sur les différentes étapes du processus de création d’une sculpture.

En 2012, il n’y avait pas toutes les technologies que l’on peut avoir aujourd’hui (ici les nouvelles techniques qu’il utilise)

Michel BASSOMPIERRE a donc dû procéder à l’agrandissement de l’ours par ses propres moyens. Il sculpte directement dans la mousse polyuréthane, en sachant qu’un bloc ne mesure que 80 cm pour un ours qui en fait plus d’un mètre, il va falloir coller plusieurs morceaux entre eux. Alors c’est doté d’une scie, qu’il manipule avec détermination et des heures de « travail » qu’il transforme un bloc de mousse en un animal ! « Quelle grande satisfaction de faire naître une sculpture monumentale de 2m à partir d’un plâtre de 50 cm ! Mais dorénavant je sous-traite cette partie… Il faut savoir vivre avec son temps ! »

Ensuite, il la recouvre de plâtre pour la rendre plus solide et –comme pour son modèle- affiner les détails et lui donner un aspect lisse à l’aide de plusieurs heures de ponçage au papier de verre.


A cette étape la sculpture de 50 cm atteint les 2m, en seulement 2 mois.

La tête sur le côté, la posture sereine, « Les Saumons n°1 » attend d’être transformé en bronze.

Ce sont alors plusieurs étapes qui vont se succéder pour passer d’une sculpture en plâtre et mousse polyuréthane à une sculpture en bronze.

La fonderie utilise le processus à la cire perdue.

Cette colossale tâche revient au fondeur Gabriel UNDERWOOD. D’abord fondue à Londres elle sera assemblée à Jublains en Mayenne.

La soudure fut le moment le plus périlleux. L’ours étant en 10 parties, il ne fallait pas se tromper d’un millimètre au risque que la sculpture ne soit déformée. Au bout de 5 mois à être choyée par toutes ces petites mains, la sculpture monumentale en bronze quitte la fonderie, pour un passage furtif dans l’antre de son créateur, le temps d’un au revoir et la voilà partie pour sa première destination : Courchevel.



Ce n’est qu’un au revoir…

De décembre 2012 à aujourd’hui cet ours aura vécu maintes aventures en enchaînant plusieurs destinations… Dinard, Courchevel, Paris pour terminer son périple à Andenne.

C’est seulement au bout de 8 ans, que Michel BASSOMPIERRE se décide à la laisser prendre son envol et partir vers de nouveaux horizons… la Belgique. « J’ai l’impression qu’un de mes bébés quitte le nid… Mais c’est dans l’ordre des choses ! »




Visionnez les différentes étapes en vidéo

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